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Vierge au croissant, premier quart du XVIe siècle.

Troyes, église Saint-Pantaléon.

©Inv. du Patrimoine culturel, Grand Est.

Vierge à l'Enfant couronnée,

Champagne méridionale (Troyes ?), vers 1520.

Statue de Vierge couronnée en petite nature. La Vierge mère porte l’Enfant sur la hanche droite, dans le pli de son manteau en tablier.

Pierre calcaire polychrome et dorée.

Dim. H. 93 cm.

(Polychromie usée. Manque les mains gauches de la Vierge et de l’Enfant ainsi que l’attribut dans la main droite. Couronne rapportée en bois, en remplacement de la couronne d’origine.)

Provenance : oratoire privé.

Les qualités de joliesse et d’élégance teintées de pittoresque de cette Vierge à l’Enfant inédite en font l’un des plus remarquables témoins de la sculpture champenoise du début du XVIe siècle. Vêtue à la mode du temps d’une robe à encolure en V sous un manteau passementé d’or, la jeune mère tient son fils contre sa hanche droite en même temps qu’elle l’offre au regard des croyants. L’expression mélancolique de son regard, qui accompagne le mouvement de sa tête légèrement inclinée vers l’avant, semble dire la Passion à venir. Le détail anecdotique de ses mèches de cheveux qui se dénattent sur les bras et s’étalent dans le dos sous le court voile au bord gaufré et doré, retenu par une couronne rapportée (jadis en pierre, comme le suggère la terrasse circulaire avec son point d’ancrage) n’enlève rien à sa gravité. Elle se rapproche ainsi des grandes vierges couronnées du Rouvroy (Paris, musée du Louvre, R.F. 1386), de Villenauxe-la-Grande (Troyes, musée des Beaux-Arts), qui mesurent plus d’1,50 m, et de celles plus petites conservées au musée de Cluny (Cl. 18789) et du Louvre (R.F. 801). Comme cette dernière, elle ramène contre elle le pan droit de son manteau relevé sur son bras gauche, créant un ample pli en tablier dans lequel et contre toute vraisemblance semble s’asseoir l’Enfant. Les drapés qui tombent droit en plis cassés marquent la différence.

Notre Vierge couronnée se distingue par un supplément de grâce, à travers une gestuelle corporelle tout en retenue qui contraste avec la vivacité de l’Enfant dans une attitude comparable à celle de la Vierge au croissant qui se trouve aujourd’hui à Saint-Pantaléon de Troyes (fig.). Dans ces deux groupes, les garçons s’agitent vivement. Une boucle de cheveux leur revient sur les tempes. L’éclat du visage de leur mère, illuminé par ce front lisse, haut et bombé, ajoute à la candeur du groupe. Plus menue, presque frêle, cette Vierge à l’Enfant couronnée tient davantage de la jeune fille. Le sculpteur a donné à son visage le même ovale fin et délicat que celui de la petite Vierge de Bar-sur-Aube (chapelle de l’hôpital Saint-Nicolas). Dans ce groupe de l’Education de la Vierge, datable des années 1510-1530 voire 1515-1525, sainte Anne mesure 1,76 m et la fillette environ 1 m.

Sauvée de la démolition d’une ancienne demeure dans l’Aube, cette Vierge à l’Enfant couronnée était vraisemblablement destinée à l’autel de la chapelle. Sa parenté stylistique avec la Vierge de Saint-Pantaléon est saisissante.

Indications bibliographiques

Le Beau XVIe siècle – Chefs d’œuvre de la sculpture en Champagne, cat. expo., Paris, Hazan, 2009.

Arnhold Heinz-Hermann, Die Skulptur in Troyes und in der Südlichen Champagne Zwischen 1480 und 1540 : Stilkritische Beobachtungen zum Meister von Chaource und seinem Umkreis, thèse dactyl., Université de Fribourg, 1992, 2 vol.

Boucherat Véronique, L’Art en Champagne à la fin du Moyen Âge – Productions locales et modèles étrangers (v. 1485 – v. 1535), Presses Universitaires de Rennes, 2005.

 

Monument funéraire ou votif (fragments sculptés)

Picardie, premier tiers du XVIe siècle.

Deux blocs sculptés en pierre calcaire, superposés, assemblés à joint vif ; groupe de figures en haut relief, ornements à candélabre en bas-relief, décor gravé ; traces d’outils ; trou de mortaise à l’arrière ; dos dégrossi ; côté layé.

Dimension totale : h. 68 x l. 27 x p. 19 cm.

Dimensions du bloc inférieur : h. 38 x l. 27 x p. 19 cm.

(Cassures anciennes dans la partie basse et au côté droit, personnages acéphales ; épaufrures.)

Dimensions du bloc supérieur : h. 30 x l. 27 x p. 19 cm.

(Érosion au dos ; cassure ancienne dans l’angle inférieur droit ; épaufrures.)

Provenance locale (Amiénois).

Important ensemble en pierre sculptée, orné de motifs à candélabre sur le montant vertical, en bordure d’une scène à trois personnages sous une fenêtre en plein cintre à deux lancettes, garnie d’un vitrage feint losangé. La qualité du sculpteur se mesure à la précision des incisions dans la pierre, à la finesse d’exécution des reliefs ornementaux et des figures sculptées sur plusieurs plans.

Les deux blocs ont été retaillés pour s’ajuster. Les traits de coupe et les traces d’outils révèlent un travail d’une grande maîtrise technique : les blocs équarris et layés ont été soigneusement préparés avant d’être polychromés comme le suggèrent les marques de ripe sur les costumes.

Un calice dissimulé dans la chute de fruits, de fleurs et d’objets liés entre eux par un ruban évoque une scène religieuse que les outrages du temps ne permettent plus d’identifier. Ce « tableau de pierre » fragmentaire provient vraisemblablement d’un monument funéraire ou votif.

La remarquable combinaison de motifs « à l’antique » (chute ornementale Renaissance) et de motifs « à la moderne » (baie à remplages flamboyants Gothique), typique de l’art en France autour de 1500, se retrouve jusque vers 1530 dans les encadrements des Puys d’Amiens ou dans les monuments funéraires de Picardie. D’autres fragments de cet ensemble subsistent peut-être dans les dépôts lapidaires de la région.

Thomas Schwanthaler,

Saint Roch et le chien, 1672, projet de sculpture

(Vente Karl & Faber, 2018)

Suiveur de Thomas Schwanthaler, Saint Roch et le chien,

Europe centrale (Tyrol), fin du XVIIe ou début du XVIIIe siècle.

Groupe sculpté en bois (tilleul ?) polychrome, dos ébauché ; élément de retable.

Hauteur totale : 90 cm.

(Quelques fentes et accidents à la polychromie, traces d’une attaque d’insectes xylophages désormais traitée. Manque la main droite et le bourdon. L’épaule est restaurée).

La statue représente saint Roch sous les traits d’un jeune noble accompagné de son braque. Son allure triomphale, appuyée par le remous des drapés, les gestes amples et le pas décidé, en fait oublier sa blessure à la cuisse ; elle évoque l’art baroque d’Europe centrale. On peut le rapprocher d’un projet de sculpture du même sujet dessiné et aquarellé par Thomas Schwanthaler en 1672.

La structure de ce groupe, dont le dos soigneusement ébauché laisse voir le corps du chien de chasse, suggère que saint Roch et le chien nourricier étaient abrités en niche dans un retable monumental de type frons scenae.

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Vierge à l'Enfant et au Livre

Île-de-France, fin du XIIIe siècle.

Statue d'applique en pierre figurant une Vierge en majesté, un livre à la main, l'Enfant sur ses genoux; dos de la Vierge sculpté, arrière du trône ébauché, traces de polychromie ancienne.

Dim. h. 72 x l. 35 x p. 24 cm.

(État restauré : épaufrures, fleurons de la couronne de la Vierge et bras de l'Enfant cassés, tête de l'Enfant refixée et visage refait.)

 


Le groupe sculpté, conçu pour être adossé, était probablement destiné à être placé sur un autel dans une chapelle ou un oratoire privé(e). La Vierge est assise sur un banc mouluré, la tête légèrement inclinée vers l'épaule gauche, du côté de l'Enfant debout sur son genou. De la main droite, elle présente un livre fermé en appui sur sa cuisse. Deux grands yeux en amande éclairent doucement son visage au menton saillant et à l'ovale un peu large, bordé d'un voile souple d'où s'échappe quelques mèches ondulées. Le voile, maintenu par une couronne aux fleurons cassés, retombe en plis plats dans le dos. L'Enfant esquisse un mouvement vers l'avant : l'ample tunique dont il est vêtu laisse transparaître un genou semi-fléchi et dévoile ses orteils en torsion, délicatement relevés. Cette œuvre, qui s'inscrit dans la mouvance stylistique du chantier de la Sainte-Chapelle à Paris, se distingue toutefois de la production francilienne courante par son raffinement autant que par l'originalité de son iconographie qui invite à la dater de la fin du XIIIe siècle.

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Sainte Anne trinitaire, ou Sainte Anne, la Vierge et l'Enfant

Brabant (Bruxelles ?) ; dernier quart du xve siècle.

Groupe sculpté en bois (chêne ?) polychrome et doré, destiné à un retable d'autel privé et figurant saint Anne en majesté, avec la Vierge et l'Enfant auquel elle tend une pomme de pin.

Dim. h. 69 x l. 31 x p. 12 cm.

(Traces d'arrachement au dos et en-dessous, fente consolidée à l'arrière.)

« Sainte Anne trinitaire ». Parce que c’est une dénomination usuelle, nous l’emploierons au lieu de la formule plus descriptive – aujourd’hui privilégiée par les historiens de l’art – « sainte Anne avec la Vierge et l’Enfant » pour désigner ce groupe sculpté polychrome qui met à l’honneur l’ascendance maternelle du Christ. Ce thème iconographique fait écho à un débat théologique contemporain concernant l’Immaculée Conception. Il s’est développé dans le contexte d’essor de la devotio moderna favorisé par la production de livres d’heures et de retables à usage privé ou domestique comme ceux provenant des Pays-Bas méridionaux, particulièrement prisés autour de 1500. La Sainte Anne trinitaire présentée à la vente du 5 juillet sous le marteau de Maître Hubert Deloute, qui figure sainte Anne tendant une pomme de pin à l’Enfant, participe pleinement de ce courant....

Cette Sainte Anne trinitaire, comparable au groupe de Valladolid (après 1500), s’inscrit pleinement dans la tradition des retables flamands et brabançons de la fin du xve siècle. Son style permet seul, en l’absence de poinçon, de la rapprocher de la production bruxelloise. Toutefois les indices matériels sont suffisamment affirmés pour proposer d’y voir un élément de retable d’autel privé de moyennes dimensions, exécuté à Bruxelles, dans le dernier quart du xve siècle.

 

Indications bibliographiques

Cloulas-Brousseau Annie, Sainte Anne Trinitaire – Grand-Mère (Mater Matris) ou Grande Mère (Magna Mater) ?, s.l.n.d. [après 2012] (en ligne, dernière consultation le 10 juin 2020 : http://ste.anne.trinitaire.online.fr/index.php).

Guillot de Suduiraut Sophie, Sculptures brabançonnes du musée du Louvre : Bruxelles, Malines, Anvers, xve-xvie siècles, Paris, RMN, 2001.

Hernández Redondo, José Ignacio, Santa Ana, la Virgen y el Niño – Museo nacional de Escultura, inv. CE0733 (notice extraite du catalogue en ligne, dernière consultation le 10 juin 2020 : http://ceres.mcu.es/pages/Main).

Mâle Emile, L’Art religieux de la fin du Moyen Âge en France. Etude sur l’iconographie du Moyen Âge et sur ses sources d’inspiration, Paris, A. Colin, 1922, en part. p. 217sq.

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(c)H. Deloute

Figure féminine, ou Sibylle

Pays basque espagnol (Gipuzkoa) ; autour de 1500.

Statuette provenant d'un ensemble en chêne, taillée en ronde-bosse avec des traces de polychromie.

Dim. h. 42 cm.

(Manque le phylactère tenu au-dessus de la tête. Quelques traces d'une ancienne attaque d'insectes xylophages, légère restauration au niveau du socle et du bras droit.)

 

La statuette est en bois de chêne. Elle mesure 42 cm de haut et porte des traces de polychromie. Son socle rectangulaire indique qu’elle provient d’un ensemble. Le style, qui ne correspond à rien de connu en France, présente des accointances avec l’art de la péninsule ibérique de la fin du xve-début du xvie siècle. Elle représente une figure féminine dont l’identification est sujette à caution. Le croisement des données matérielles, stylistiques et iconographiques atteste que cette figure féminine est un précieux témoin de la sculpture des églises basques du nord de l’Espagne autour de 1500 [...].

Emile Mâle a assez montré l’influence des mystères sur l’iconographie médiévale pour que l’on puisse supposer que la figure sculptée en chêne, coiffée d’un curieux bonnet orientalisant, vêtue d’habits d’inspiration liturgique et dotée d’un phylactère (disparu) représente une sibylle, suivant la tradition théâtrale hispanique. La sculpture, taillée en ronde-bosse, proviendrait d’un décor de stalles ou d’un retable.

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Vierge à l'Enfant tenant une rose

Lorraine, style parlerien ; dernier tiers du xive siècle.

Statue d’applique en pierre calcaire, repeinte à une époque récente, dos ébauché, crochet dorsal métallique.

Dim. h. 95 x l. 27 x p. 20 cm.

(Quelques éclats et épaufrures, fleurons de la couronne cassés. Polychromie moderne. Fracture nette au niveau de la taille, restaurée et consolidée au plâtre.)

Provenance : coll. privée.

 

C’est une remarquable Vierge à l’Enfant du xive siècle qui a été adjugée le 10 mai 2020 sous le marteau de Maître Hubert Deloute. Sa polychromie récente n’enlève rien à la qualité de la sculpture qui annonce les « Belles Madones » du siècle suivant. Cette Vierge couronnée offre le portrait d’une jeune mère ramenant tendrement un pan de son manteau sur le corps nu de son fils. Le sourire qui illumine son visage la rapproche des œuvres lorraines créées sous l’impulsion des Parler dans la seconde moitié du xive siècle...

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Sainte femme tenant un livre ouvert

Souabe septentrionale (Nördlingen) ; vers 1500-1510.

Elément de retable en bois (tilleul ?) sculpté, polychrome et doré.

Dim. h. 53 cm.

(Main droite et partie du livre restaurées. Accidents à la polychromie, manque mineur à la couronne.)

NB : Présentée par son ancien propriétaire sur un socle moderne en bois peint, joint à la vente (h. 5 cm).

 

Cette Sainte femme au livre ouvert, que l’on voit à présent comme une Vierge de l’Annonciation, porte encore toutes les traces matérielles de sa fabrication. Pour peu qu’on l’observe attentivement, elle nous dira son origine Souabe et son changement de destination. Créée pour être logée dans un retable, elle devint ensuite un support de dévotion au culte marial. La délicatesse tout en retenue de ses traits rattache son sculpteur au cercle de Peter Trünklin et de ses émules, actifs à Nördlingen, dans le Nord de la Souabe, autour de 1500....

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