Reinecke vam Dressche (à la manière de),

Paire de bustes représentant une femme et un évêque, en ivoire, argent et pierres semi-précieuses.

Allemagne, xixe siècle.

Deux pièces en ivoire et argent, pierres semi-précieuses serties à la base (lapis-lazuli, nacre, grenat et jade).

Buste de femme : 13 x 8,2 cm - 390 g (poids brut).

Buste d'évêque : 12 x 8,2 cm - 205,6 g (poids brut).

(Légères fentes.)

Marques externes : « Reinecke vam Dressche golthmed // Mindens[is] » inscrit dans un phylactère, avec un écu armorié.

La paire de bustes représentant une femme et un évêque, portant sur une base octogonale ornée d’un rang de pierres serties et d’une double frise végétale, reposant sur quatre pieds en forme de chien, mise en vente le 15 décembre dernier sous le marteau de Maître Hubert Deloute à Amiens, offre un bel exemple d'objets de collection de style médiéval. Ce sont les rares témoins d’une série de pièces en argent et ivoire produites en Allemagne au XIXe siècle, sur le modèle des bustes-reliquaires de la fin du Moyen Âge. L'ensemble porte la signature, évidemment apocryphe, du fameux orfèvre allemand Reinecke vam Dressche (a. 1456-1493).

Étude technique et matérielle

La monture en argent ciselé abrite la tête sculptée en ivoire d’une femme pour l’un, d’un évêque pour l’autre.

La base creuse est sertie de quelques pierres de lapis-lazuli, de grenat, de jade et de nacre. Elle porte sur le fond la signature de l’orfèvre Reinecke vam Dressche.

Étude héraldique

Le nom de l’orfèvre et sa qualité sont inscrits dans deux phylactères « Reinecke vam Dressche golthmed // Mindens[is] », c’est-à-dire « Reinecke vam Dressche, orfèvre de Minden », entre lesquels figure un écu armorié. Les armes sont celles que s’était choisi l’orfèvre après 1456, telles qu’elles apparaissent sur son second sceau (reprod. par Schroeder).

 

Reinecke vam Dressche a laissé son nom dans les archives de la ville de Minden mais aussi au revers du fermail commandé par le chanoine Albert von Leteln et daté 1484 (Berlin, Kunstgewerbemuseum). Sa marque sera reprise à la fin du XIXe siècle pour des pièces d’argenterie d’inspiration néogothique, dans le goût des bustes-reliquaires de la fin du Moyen Âge.


Étude iconographique et stylistique

Les sujets ne sont pas identifiables. La femme, richement parée d’une coiffe ornée de pierreries et d’une robe de brocart, correspond à l’image d’un idéal aristocratique féminin largement diffusé dans les peintures et les enluminures du nord de l’Europe tout au long du XVe siècle. Quant à l’évêque, dont le buste est cerné à la base d’un bandeau ornemental, il pourrait avoir été créé à partir du modèle d’un buste-reliquaire effectivement réalisé par l’orfèvre Reinecke vam Dressche ou l’un de ses contemporains. Sa chape montre des motifs de rinceaux stylisés, à la manière des mauresques qui entrèrent progressivement dans le répertoire ornemental européen entre 1460 et 1540.

Indications bibliographiques

Schroeder Johann Karl von, « Reineke vam Dressche, der Meister der Mindener Chormantelschliesse von 1484 », Berliner Museen, 1970, p. 23-27.

Rare chandelier de style mosan

Allemagne (Trèves ?), deuxième moitié du XIXe siècle.

Cuivre doré, ciselé et martelé ; h. 26 cm.

(Petits accidents dans les rinceaux de la base)

Cette pièce de prestige, ornée à la base de trois figures d’archange reposant sur trois pieds en patte de lion, reproduit et adapte en chandelier le pied de croix des années 1125-1150 conservé au musée des Arts décoratifs de Berlin (inv. K4165). On ne connaît que deux exemplaires de ce chandelier. L’autre appartient au trésor de la cathédrale de Trèves.

Salomon "maçonnique"

Deuxième tiers du XIXe siècle.

Sculpture, dos et socle cimentés.

Pierre polychrome ; h. 65,5 x 51 x 21 cm.

(Traces d'usure. Quelques éclats, manque le nez et les mains)

Rare figure de Salomon qui porte en sautoir un bijou formé d’un compas et d’une équerre. Roi bâtisseur, Salomon est une figure tutélaire des francs-maçons qui ont bâti leurs temples sur le modèle de celui qu’il avait fait bâtir à Jérusalem (Rois I, 5-6). La sculpture trouve ses sources dans des modèles issus de la tradition médiévale et classique, en faveur au XIXe siècle (Valentin de Boulogne, Nicolas Poussin, cathédrale de Strasbourg...) ; elle témoigne notamment du regain d’intérêt pour la sculpture polychrome en France à partir des années 1830.

Roi biblique, Salomon incarne traditionnellement des idéaux de justice et de paix mais les francs-maçons, membres du Parti républicain, lui ont préféré dès les années 1880 la figure de Marianne qu’ils ont souvent dotée de symboles maçonniques. Comme les Marianne « maçonniques », ce Salomon « maçonnique » a pu être commandé pour trôner dans un temple.

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